jeudi 12 juin 2014

La route Arnex-Orbe au cours des ans

La route Orbe-Arnex se refait une beauté en été 2014





Route d’Orbe barrée durant les travaux

Une route en rénovation, comme  d'autres ?




Les travaux  au 11 juin 2014

Non, une route pas tout à fait comme les autres, car au cours des siècles son tracé fut parfois âprement discuté.

En 1554, déjà, le tracé exact se discute !
En 1554, on procède au bornage des chemins de la Maïorie d’Arnex.


Début du transon de 1554 décrivant le bornage des chemins d’Arnex
Une fois le travail terminé, il est mis à l’enquête de la façon suivante :
Toutes lesquelles bornes, ainsi qu ici devant est déclaré par les six borneurs devant nommés à ce commis, trouvées vieilles et aussi de nouveau plantées, le dimanche dixième jour du mois de juin en l’an mille cinq cent cinquante-quatre par le commandement du prédit noble Abel Mayor, Châtelain de Romainmôtier ; honnête Claude Chambretaz, officier du dit Romainmôtier a crié et publié à haute et intelligible voix, sus le cimetière d’Arnex [qui bordait encore l’église] au sortir du sermon devant l’assemblée.
Toute demande de modification devant se faire dans un délai de six semaines, ensuite elles seront validées à perpétuité.
Accepté par le puissant Noble Seigneur Bénédict de Diesbach, bailli de Romainmôtier, rédigé par moi Thomasset Claude, notaire juré d’Agiez, résidant à Arnex.

Cette opération permet à certains habitants de demander ― et d’obtenir ― la modification du chemin vers Orbe. En effet, s’il est maintes fois rappelé dans le document que le vrai et unique chemin pour aller à Orbe passe sous Montevray, continue par Saugette et rejoint le territoire d’Orbe, les gens ont déjà pris l’habitude de monter directement par les Buclars depuis les prés du Posat. Ils font donc recours et le noble et puissant Bailli Bénédict de Diesbach finit par autoriser le bornage du nouveau tracé, après avoir ouï plusieurs doléances pour les dommages que se faisaient par plusieurs chemins et sentiers par les passants tirant contre Orbe…
Ainsi, deux ans plus tard, soit en février 1556, la nouvelle variante des Buclars est tracée et bornée.
Notons qu’à cette époque, cette petite colline n’est pas encore entièrement défrichée et qu’il y reste quelques buissons de genévriers.


Bien plus tard, les discussions au niveau cantonal
Au XIXème et au début du XXème siècle, les autorités vaudoises ont dû préciser le tracé des routes cantonales et en créer de nouvelles pour améliorer les communications.
Ainsi vers 1820 le tracé devant relier la Sarraz à Orbe suscita moult discussions.
Certains, dont le village Orny, préconisaient un tracé par la plaine, suivant ainsi une ancienne voie romaine, l’étraz.
En 2014, une borne milliaire dressée le long de ce tracé a été mise au jour par Pierre Monnier près du Pré-Girard


Borne milliaire du tracé reliant Orny à Orbe

D’autres, jugeant trop difficile de traverser tous ces marais, préconisaient le tracé par Arnex.

Par contre, comme le cite le document  IVS VD 12.5 en page 4, les défenseurs de l’étraz considèrent le tracé du haut de manière moins positive : « de quelques manière qu’on s’y prenne le tracé supérieur présentera toujours une pente et une contre pente choquante pour les voyageurs qui ne trouveront au point culminant qu’un hameau tel qu’Arnex…,et qui s’étonneront que dans notre siècle des lumières on ait exécuté tant d’ouvrage et fait une route si disgracieuse dans l’intérêt local d’un seul petit village… »

En 1864 les habitants d’Orny reviennent à la charge, La Gazette de Lausanne du 23 mai 1864 relate les débats du Grand Conseil du 17 mai 1864 :
Des pétitions d’Orny demandent que la route d’Orny aux Granges d’Orbe soit maintenue à la seconde classe où le débat préliminaire l’avait placée.
M. Blanchenay au nom de la commission s’oppose à cette demande de route au bas de la colline.
Avant 1830 elle avait été l’objet d’un long débat entre MM. Potterat et Milliet qui voulaient que la route de première classe de Cossonay à Yverdon passât par Orny et les Granges d’Orbe, et M. le lieutenant baillival Carrard (qu’on appelait alors l’ermite de St. Eloi) qui voulait le tracé du haut de la colline. Ce fut l’ermite de St. Eloi qui l’emportait et l’un des principaux arguments qu’il donnait en faveur de la route du haut  c’est qu’étant tout en collines elle serait excellente pour les chevaux de poste, qui se refont les muscles par ces alternatives de montées et de descentes et que cet exercice contribuerait à leur amélioration.


Excusez cet épisode, Messieurs, mais il explique mon vote du premier débat ; j’étais dans le temps partisan  du tracé d’en bas et quand M. Briatte a proposé de classer cette route, j’ai eu pour elle un moment de sympathie ; mais je me suis mieux informé, je sais qu’elle est dans un état déplorable, qu’elle n’est viable que pendant les moissons, parce que les gens d’Arnex la couvrent de planches. 


 La route Orbe –Orny par le Vy de l’Etraz
Cette route qui a sa raison d’être se fera finalement, mais bien plus tard, vers 1945-1947, en relation avec le syndicat d’amélioration foncière de la partie supérieure de Plaine de l’Orbe

Article du 5 février 1942



Article du 9 septembre 1946



Article du 16 juillet 1945


Inaugurations des travaux d’améliorations foncières en juillet 1947


Article de la Revue du 11 juillet 1947





Fontaine et plaque commémorative le long de la route Arnex-Bavois

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