mercredi 28 août 2013

La ferme du Pontet sur Cheneau

La ferme du Pontet ou la maison des Peiry

Comme cette honorable ferme va subir d’importantes transformations, il est temps de chercher ses traces dans l’histoire du village.


La ferme du Pontet dans son état actuel après avoir  été transformée par M. Peiry.

Cette ferme se situe à votre droite,  à l’entrée du village d’Arnex en venant depuis Pompaples.

Une ancienne photo de l’Abbaye 1973 nous montre son aspect antérieur à 1981, date de la mise à l’enquête de la création de l’appartement côté village par M. Peiry.



Cortège de l’Abbaye 1973 devant la ferme avec ses portes rectangulaires

Sur la nouvelle porte de grange, refaite par M. Peiry on trouve la date de 1818


Mais d’où sort cette date ?
Elle a peut-être été gravée par M. Peiry quand il a modifié cette entrée ou trouvée à un autre endroit.


La situation de la parcelle en 1806, avant la construction



Cadastre de 1806

Sur le Cadastre de 1806, la parcelle 49 /  1152 est notée « Au Pontet », car elle borde le ruisseau qui descend vers le moulin.
Et il avait fallu construire un petit pont pour que la route Orbe-La Sarraz puisse passer par-dessus
Il est noté que ce pré de 504 toises appartient aux hoirs d’Etienne Gauthey.
Il est limité par le ruisseau, la route Orbe la Sarraz et le chemin de Cheneaux, devenu le Golet !

Cadastre de 1865



Cadastre de 1865

Au cadastre de 1865, les parcelles 38, 39, 41,42  et les bâtiments 27 et 40 sont la propriété de Jaques-Henri Gauthey (1835-1866) feu Jean-Samuel.


Cadastre de 1865 : les propriétés de Jaques-Henri Gauthey

Mais comment le pré de l’hoirie Etienne Gauthey est-il devenu propriété de Jaques-Henri.
De son père Jean-Samuel (1800-1864) on ne sait pas grand-chose.
Il avait épousé en 1832 Jeanne Suzanne Gauthey (1797-1865) et avait eu trois enfants : Jean Anthoine né en 1834 et mort à trois mois, Gauthey Jaques–Henri le 21 novembre 1835 et une fille Marianne qui épousera Monnier Charles Albert (1832-910), un de leur fils, Albert 1870-1957) sera officier d’Etat civil et construira la villa vers gare (possédée actuellement par Pierre Lavenex).
De son grand-père Jean- Samuel dit Samuel ((1769-1842) on connait plus de choses
Il avait épousé Suzanne Gauthey en 1797 et cette Suzanne était la fille d’Etienne Gauthey (1733-1814) ancien propriétaire du pré du Pontet de son vivant. Comme indiqué dans le cadastre de 1806.
Si la maison date bien de 1818, il doit en être le constructeur.
D’ailleurs les comptes communaux de 1818 note l’achat d’un chêne par Samuel Gauthey pour sa bâtisse.

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1818, vente d’un chêne à Samuel Gauthey pour sa bâtisse

Mais revenons au propriétaire de 1865, Gauthey Jaques-Henri, dont la fin demeure très mystérieuse.
En effet au début janvier 1886, le Juge de paix de Romainmôtier signale sa disparition par l'avis suivant :



Son corps a sans doute été retrouvé et il sera inhumé le 11 février 1886. Mais la date de décès ne figure pas sur le permis d’enterrer.


Permis d’enterrer de Jaques-Henri Gauthey le 11 février 1886

Et depuis 1886 ?
Je ne connais pas tous les nouveaux propriétaires de cette ferme après le décès de J.-H. Gauthey.
Il faudrait pouvoir disposer des anciens actes de vente pour le savoir exactement.

Il semble qu'elle  appartenait à la famille d’Armand Monnier, parti à Champvent vers 1920.
Est- ce lui qui l’a vendue à Charly-Bovet-Baudat (1905-1977) ?
(en 1938 selon Myriam Monnier-Bovet).
Selon Louisa Morel, la mère d’Armand Monnier, Julie Lucie Baudraz (veuve Matthey) aurait habité la maison  jusqu’à son décès en 1933 avec son fils Florian ainsi que les enfants du premier mariage d’Armand : Roger François et Denise.
Personne ne reprenant exploitation agricole, la famille Bovet a vendu la maison à M. et Mme Peiry après le décès de Charly et Alicia vers 1980.
Louis Pierre Bovet gardera une parcelle côté village pour y construire sa villa en 1971.


Quant à Jean-Louis Monnier, il achètera la maison aux Peiry, un peu avant que ces derniers décèdent en 2012.

Le nouveau propriétaire envisageant de créer plusieurs nouveaux appartements dans cette maison, il était temps d'en retracer son histoire.

Aspect actuel  en 2016


Côté Jura




Côté Alpes

dimanche 25 août 2013

Qui donc habite dans ce terrier ?

En se promenant dans les forêts d’Arnex et alentours  on découvre parfois de véritables concentrations de terriers plus ou moins utilisés.
Mais qui sont les locataires ? Renards, blaireaux ?
Pour le savoir il faut trouver un endroit où la terre est fraîchement remuée et placer en face une caméra qui se déclenche en cas de mouvement.


Entrée d’un terrier avec des traces récentes



Appareil de photo attaché à un arbre en face de la sortie du terrier


Puis, s’en aller en espérant que personne ne volera la caméra et revenir un à deux jours plus tard pour récupérer sa moisson de clichés.

Et fort heureusement, cette fois, au premier essai la récolte fut bonne.
En voici donc quelques échantillons pris de nuit et de jour.











Et voilà, grâce à quelques photos, le locataire des lieux est identifié !!

Et pour terminer, deux vidéos très courtes de notre vedette des terriers.

video

mercredi 21 août 2013

Le Château des Tours, près de Vuiteboeuf


Après avoir décrit quelques usines disparues de notre région, il faut également citer une importante construction, aujourd’hui recouverte par la forêt.
L’ancien château des Tours près de Vuiteboeuf.
Cet ancien château est cité dans les publications suivantes :
·           Au pied du Jura, Guide archéologique et historique de Victor-H. Bourgeois
·           Le dictionnaire historique du canton de Vaud
·           Le Nord vaudois de Ric Berger
·          Dictionnaire géographique de la Suisse, tome sixième, paru en 1910
       Dictionnaire historique suisse  (DHS)

CHÂTEAU DES TOURS
Selon Victor-H. BOURGEOIS (1864-1936) dans son ouvrage

AU PIED DU JURA
Guide archéologique et historique dans la contrée d’Yverdon et de Grandson
Edité en 1906, 1922 et 1982 (p.113)
A quelques minutes du village de Vuitebœuf, à gauche du chemin qui, longeant le pied immédiat de la montagne, conduit à Baulmes, se trouve sur une colline maintenant recouverte de forêt, les ruines d’un ancien château important et puissant certainement en son beau temps. C’est le château des Tours, qui a donné très probablement son nom à cette partie du bois, appelée aujourd’hui le « Bois des Tours ».


Les ruines du château des Tours sont notées sur cette carte de 1979

Les documents détaillés manquent sur ce château et son histoire. Il nous paraît certain qu’il faut y voir le château de Peney qui appartenait également aux Grandson et fut brûlé dans la guerre de Bourgogne.
A en juger par les ruines, ce château devait être assez considérable et de la position élevée qu’il occupait on dominait le pays au loin. Nous possédons un plan des« ruines du château des Tours », exécuté en 1869, lorsque les vestiges des murs étaient encore considérables et les vestiges des murs étaient encore considérables et que du reste il est facile de constater sur place, que l’ensemble comprenait deux parties distinctes. Au nord une sorte de longue terrasse  avec deux grosses tours circulaires, peu distantes l’une de l’autre, et au sud le corps de bâtiments en forme de rectangle, avec deux tours ou tourelles du côté de l’entrée, au nord.
Les deux parties étaient entourées de fossés, encore très visibles en certains endroits. Le passage qui franchissait le fossé pour réunir les deux divisions en formant porte est encore parfaitement reconnaissable. Cette porte donnait du corps des bâtiments sur l’esplanade.
Les angles des fossés autour du château sont légèrement arrondis, et le côté nord défendant la terrasse était en demi-cercle, L’emplacement des tours est encore très visible et s’accuse par des enfoncements du sol en forme de cuvettes, provenant probablement de l’effondrement des voûtes des sous-sols.
Au sud, devant la face du château regardant du côté de Baulmes, un monticule élevé surplombe le fossé bien conservé sur toute sa longueur. ll est probable que les conditions naturelles du terrain de ce côté-là avaient obligé les constructeurs à renforcer la défense du château sur un point qui semblait plus exposé que les autres. Que ce tertre soit naturel ou artificiel, il n’en existe pas moins et pouvait certainement être utilisé pour la défense, à moins qu’il ne se soit formé par un amas considérable de débris de constructions, effondrés et recouverts peu à peu de végétation.
Nous ignorons si des fouilles ont jamais été pratiquées en ce lieu. Il est certain qu’elles ne manqueraient point d’intérêt.
On a trouvé dans le Bois des Tours un superbe bronze, un Mercure aux yeux d’argent, qui fut donné au musée par le propriétaire.
Signaux avec le Château de Ste-Croix
Une autre question se pose à notre curiosité, dont nous avons déjà parlé à propos du château de Sainte-Croix. Les deux châteaux des Tours et de Sainte-Croix étaient-ils en communication par des signaux optiques, l’un avec l’autre, tous deux appartenant aux Grandson ?
Aujourd’hui les bâtiments des deux édifices ayant disparu, on ne voit plus d’un emplacement à l’autre ; mais il nous paraît fort probable et même certain que, lorsque les tours des deux forts s’élevaient fièrement sur leurs points dominants, on devait se voir de l’un à l’autre et communiquer par signaux. De même avec le château de Champvent peu éloigné et très visible depuis les Tours.

Dans le Dictionnaire historique du canton de Vaud ( E. Mottaz 1921) , on trouve un Article signé  V-H. Bourgeois
TOURS (Château des). (Page 700)
Commune de Vuitebœuf, cercle de Baulmes, district d’Orbe.
A quelques minutes au S. du village de Vuitebœuf, sur la rive droite de la Baumine, se trouvent, sur une colline boisée, les ruines du Château des Tours, qui a donné son nom à la forêt qui l’environnait, le Bois des Tours. Les documents détaillés manquent sur ce château et son histoire, mais il est certain qu’il faut y voir l’ancien château de Peney, ce village n’étant du reste qu’à 1 1/2 km. vers l’Ouest.
Ce château appartenait aux Grandson comme ceux de de Champvent et de Ste-Croix ; il commandait avec ce dernier, le passage du Jura. Il fut détruit à l’époque des guerres de Bourgogne.
Il ne reste que peu de traces visibles du château des Tours.


Selon Ric Berger (1894-1984) dans son ouvrage « Le Nord vaudois » réédité en 1985 (page 69)

Le château des Tours
Vuitebœuf, la dernière étape dans la plaine avant de grimper à Sainte-Croix, possède quelques curiosités architecturales.
Tout d’abord une étonnante église du début de ce siècle, la tour du hameau de Peney, reste d’une église gothique démolie ; de belles façades jaunes en pierre du Jura ; et enfin, caché au haut d’une colline entre les deux chemins qui conduisent à Baulmes, les ruines d’un important château moyenâgeux, dit «  Des Tours».
Si on l’appelle encore ainsi c’est qu’il a eu autrefois des tours bien visibles de loin Aujourd’hui, hélas, il n’en reste quasiment rien, malgré la place qu’il occupe dans l’histoire vaudoise. Victor Bourgeois, dans son «Guide du pied du Jura» lui consacre deux pages et croit y reconnaître le château de Peney qui appartenait aux seigneurs de Granson et qui fut brûlé pendant les guerres de Bourgogne, et jamais reconstruit.
A cette époque il ne faisait pas bon être du côté des vaincus !
Pourquoi un château de Peney et non de Vuiteboeuf ? Les ruines sont pourtant beaucoup plus proches de la dernière localité. C’est que primitivement, le village de Peney était plus important que Vuitebœuf qui s’est développé plus tard à cause de sa situation, de ses moulins au bord de l’Arnon. Alors qu’au Moyen Age Vuitebœuf n’était qu’un hameau de Peney, aujourd’hui c’est le contraire.
Le Château moyenâgeux de Peney-Vuitebœuf date probablement de l’époque gothique (1200- 1500) puisque ses tours étaient rondes et que les tours rondes n’apparurent chez nous qu’au Xllle siècle, sous l’influence de la Savoie.
Sous la forêt qui couvre aujourd’hui la colline dite des Tours, les ruines qui parsèment le terrain permettent difficilement de reconstituer le plan du château. Bourgeois avait réussi à s’y reconnaître à l’aide d’un plan dressé en août 1869, et qu’il n’avait malheureusement pas publié dans son guide.

Plan de 1869

Grâce à l’obligeance de M. Henri Deriaz, juge de paix à Baulmes, qui nous a procuré ce précieux plan, nous avons pu reconstituer l’aspect des lieux en 1869 en vue à vol d’oiseau, ce qui permet aux visiteurs de se rendre compte de l’importance de ce château féodal.
Cette forteresse était composée de deux parties distinctes allongées parallèlement au Jura, et entourées de fossés encore reconnaissables aujourd’hui sous les arbres. Au nord une longue terrasse, flanquée de deux tours rondes, se terminait en demi-cercle du côté du village. Les tours ont disparu mais leur emplacement est marqué par des cuvettes provenant, affirme Bourgeois, de l’effondrement des voûtes des sous-sols.
Au sud, le château proprement dit avait un plan rectangulaire arrondi aux angles. Le passage surélevé qui franchit le fossé entre le château et l’esplanade aux deux tours est encore fort bien marqué sur le terrain.
Enfin au sud du château, mais toujours à l‘ intérieur du fossé, se dresse un monticule élevé,que l’on croit avoir été une défense du côté le plus exposé aux attaques
Il faudrait fouiller toute la colline pour reconstituer le plan du château d’une manière sûre, car en 1869, il y avait déjà quatre siècles que les murs mouraient lentement. Si, à cette époque, on avait eu un peu des égards que l’on voue maintenant aux monuments du passé, bien des ruines seraient parvenues à nous en meilleur état. Du moins devrait-on se hâter de sauver le peu qui reste en le plaçant sous la protection de l’Etat.

Dans la Feuille d'Avis du 21 octobre 1963, en page 44, Ric Berger fait paraître un article sur ce château. Article qui reprend en grande partie le texte ci-dessus.


Un relevé archéologique des lieux
Il n’y a jamais eu de fouilles sérieuses de cette ancienne bâtisse.
Mais on peut trouver un relevé des lieux assez sommaire sur le site suivant :
http://www.archeoplus.ch/fr/archeo/vuiteboeuf/vuiteboeuf-fr-index.htm

Pas beaucoup d'autres sources
Il faut avouer qu'il est assez difficile de trouver d'autres mentions de ce château.
Dans son ouvrage sur les Dynastes de Grandson de 1866,  de Charrière n'en parle pas.
Il est vrai qu'il s'est penché surtout sur la généalogie de cette famille qui a marqué l'histoire vaudoise.





Une visite sur place




Le bois des Tours, vu depuis la route Baulmes-Vuiteboeuf

Le site n’étant pas très éloigné, une petite visite s’impose.
Mais disons-le tout net, ce n’est pas très spectaculaire durant la période de végétation.
Depuis des siècles d’abandon, la forêt a repris ses droits et sans le petit croquis cité par Ric Berger il est impossible de reconstituer les différentes parties de ce château.
Mais le monticule côté Baulmes est bien visible.


Monticule côté Baulmes

Quelques restes de murs plus ou moins apparents


Restes de murs fortement arasés


Mais quelques nouveaux habitants, renards ou blaireaux ont repris possession des lieux




Entrée du terrier d’un archéologue à quatre pattes.