lundi 25 février 2013

Les Gorges de l'Orbe et ses sources


Sources captées dans les Gorges de l’Orbe

Dans cette série d'articles  consacrés aux Gorges de l’Orbe, je voudrais rappeler l’existence de quelques sources captées au cours des siècles le long du cours de la rivière.
Vu l’abondance de sources jaillissant le long de l’Orbe, ce chapitre n’est sans doute pas exhaustif.
Tout lecteur averti peut donc me signaler une erreur ou une omission.

Source de la Gerlette au-dessus de Vallorbe
En commençant par le haut, il faut citer la source de la Gerlette achetée par la commune de Vallorbe en 1893 et 1894, elle est située sur la rive gauche
Il fut question de vendre une partie de l’eau de cette abondante source aux villes de Lausanne et de Genève.
Mais la distance empêcha sans doute le projet de se réaliser et ce sont les Vallorbiers qui l’utilisent depuis 1895 pour alimenter leur réseau d’eau potable.
L’important surplus d’eau alimente une petite centrale hydroélectrique.

Station de la Gerlette près du parking des grottes




Turbine de la Gerlette en 2012

Source de l’Isle pour Ballaigues

A la même époque, en juillet 1895, le village de Ballaigues est en fête.
Pour approvisionner la localité en eau potable, les autorités ont décidé de capter l’eau de la source de l’Isle, à 320 mètres au-dessous du village, au fond des gorges.
Et de là, le précieux liquide est pompé par deux pompes aspirantes et refoulantes jusqu’au réservoir de la localité.
Et en ce début du mois de juillet 1895, le village inaugure cette réalisation par une visite des lieux

Source de l'Isle en dessous de Ballaigues


Puis tout le monde remonte à Ballaigues où un grand repas sera servi au grand hôtel de l’Aubépine, propriété du major Leresche et qui vient d’être inauguré.
Un hôtel de cent chambres, avec ascenseur, établissement de bains et salle de billard.




Hôtel de l’Aubépine inauguré en 1895

Ce qui permet au journaliste de la Gazette de Lausanne du 19 juillet 1895 de terminer son article par ces mots.

« La vogue méritée dont jouit Ballaigues comme séjour d’été ne peut que s’affirmer davantage encore, grâce aux excellentes eaux potables dont cette intelligente localité vient de se doter elle-même. »
Mais comme on le sait, la première guerre mondiale sonnera le glas de la vocation touristique.
Quelques anciens hôtels sont encore là, mais transformés en habitations.
Quant à la source elle donne toujours satisfaction.







Selon Fal du 5 octobre 1955

  BALLAIGUES  Conseil communal — (Corr. part.) —

Le législatif communal s'est réuni sous la présidence de M. Jules Bourgeois.
M. le syndic a ensuite donné lecture du rapport de la municipalité au sujet d'un achat de terrain. Il s'agit pour la commune de reprendre à son compte un chemin construit par la Compagnie vaudoise de l'électricité lors du percement de la conduite d'amenée de la nouvelle usine des Clées. La nouvelle convention qui doit lier la commune à la Société d'électricité du Châtelard pour une durée de 40 ans a également retenu l'attention du conseil, de même que le projet que la municipalité a fait établir pour une installation de pompage automatique de l'eau.
Depuis sa construction, en 1895, la station de pompage de l'Ile a été surveillée en permanence par un employé de la commune qui habite toute l'année avec sa famille au fond des gorges de l'Orbe.

On signale également le fait suivant :

Selon Fal du 30.01.1958
 BALLAIGUES Conseil communal 
—Témoignage de reconnaissance — (Corr. part.) 
Dernièrement, afin de marquer sa reconnaissance d'une façon tangible, pour services rendus durant vingt-cinq ans comme surveillant à l'usine de pompage, située dans les gorges de l'Orbe, la municipalité a remis à M. John Leresche une montre bracelet dédicacée.





La source dite « Fontaine Mercier » aux Clées
En descendant le sentier des gorges de l’Orbe, ayant subi de grandes réparations après les gros dégâts de l’hiver 2008-2009, on arrive au Clées.
Juste avant le village se trouve la source Mercier



Cette source d’origine vauclusienne est située sur la rive droite de l’Orbe à 300 m. en dessus du village des Clées et à l’altitude de 580 m.
Son débit moyen est de 1'000 lit par minute, mais peut monter jusqu’à 3'000 lit.par minute.

Les travaux de captage ont duré de 1966 à 1969.
L’utilisation de cette source est réglée par une Association intercommunales regroupant les communes suivantes :
L’Abergement, Les Clées, Premier, Bretonnières, Lignerolle et Sergey.

Notons que la commune des Clées dispose encore d’autres sources.





Entre Les Clées et Orbe : les sources de la Tuffière et des Eaux-vives
Avant de décrire ces deux sources utilisées par la ville d’Orbe, il faut remonter un peu dans l’histoire pour retrouver les différentes sources de la ville d’Orbe

La fontaine de Montcherand
Dans son « Histoire de la Ville d’Orbe et de son château dans le Moyen-âge », Frédéric de Gingins-La-Sarra cite les lettres d’acquis de la fontaine de Montcherand, vendue pour une cloche le 4 février 1484.
L’eau de cette fontaine était destinée aux religieuses du couvent de Ste. Claire.
Ainsi, je cite :

« Nous les dits hommes de Montcherand, en notre nom, en celui des absents et en celui de toute la communauté du dit lieu, faisant attention au peu d’eau qui sort par le dit tuyau et qui ne nous rapporte que peu d’avantage ; regardant aussi à ces donations et à la sainteté du dit couvent, par les prières duquel nous nous efforçons d’être aidés ; et surtout parce ce que nous avons encore fort besoin d’une cloche dans notre église,…..nous échangeons, cédons le dit tuyau aux religieuses. »
Et pour faire parvenir l’eau du tuyau jusqu’au couvent d’Orbe il fallut percer un certain nombre de troncs, les tuyaux de l’époque.




La source du Bas de la Gravennaz à Montcherand.
Les archives de Montcherand possèdent une convention de 1765 confirmant l’acquis par la ville d’Orbe d’une fontaine située au dessous du village, au Bas de la Gravennaz près de la maison de Samuel Manganel pour 1'000 florins.

Est-ce la même fontaine que celle de 1484 ou une autre source ?
Aux gens du coin de nous le dire.


Plus tard, l’eau des sources de la « Tuffière » ou « Tufière » et celle des Eaux-Vives sera captée par la ville d’Orbe.


Source de la « Tuffière »
Cette source est située sur la rive gauche de l’Orbe et sur la commune de Montcherand.
Son débit moyen est de 2'500 litres par minute.
Elle s’écoule par gravité jusqu’au réservoir du « Bois de Chêne ».
Je n’ai pas retrouvé quand cette source a été acquise par la ville d’Orbe, mais en 1808, la commune de Montcherand autorise la commune d’Orbe à poser une canalisation d’eau potable dès la source de la Tuffière.


Rappelons que cette source a dû malheureusement être mise hors-service durant une douzaine d’années.


Pollution d’avril 1998
Le 6 avril 1998, un camion accidenté perd son chargement de fûts toxiques contenant des composés organiques d’étain.
Une partie du liquide atteint la zone de la source et pollue cette dernière qui doit être mise hors service.
La remise en état va exiger de coûteuses mesures de filtration et de traitement décidées en 2006, réalisées en 2009, et qui vont permettre d’utiliser à nouveau l’eau de cette source à partir de juin 2010.



Réservoir et station de filtration du Bois de Chêne, près de la cantine de Montcherand

Source des « Eaux-Vives »
Le captage de cette source se trouve sur la rive droite de l’Orbe, sur le territoire de la commune d’Agiez. Son débit moyen est de 1'500 litres par minute.
Son bassin versant se situe essentiellement en forêt et pourtant cette source a connu quelques problèmes avec des traces de triazine.

Captage des Eaux-vives


Captage des Eaux-vives, second bâtiment






Intérieur du bâtiment de captage

Achat de la source en 1913
Grace à Louis Ducraux nous avons retrouvé que :
Dans sa séance du 26 décembre 1912, le Conseil communal a autorisé l’achat, pour le prix de fr. 10'000.- de la parcelle du territoire sur lequel jaillissent les sources des "Fontaines Vives*, propriété de la Commune de Bofflens.
L'acte notarié a été stipulé le 19 mars 1913.

Selon certains, la commune de Bofflens aurait vendu cette source pour financer sa nouvelle église en 1914.
Mais la preuve écrite me manque encore !

Pour être complet, rappelons que la commune d’Orbe prélève aussi une partie de son eau à la source de Boven près de Valeyres et  dans la nappe phréatique de St-Germain.
En 1994, elle a construit un réservoir de 2'000 m3 sur la colline des Buclars, (commune d’Arnex).

Pompage et débit de ces sources


Selon Fal du 9 juin 1959

Orbe La foudre sur la station de pompage (C. p.) —

Au cours du violent orage qui a sévi sur la région, la foudre est tombée sur la station de pompage de la source de la Tufière dans les gorges de l'Orbe, à hauteur de Montcherand. Les plombs ayant fondu, le dispositif actionnant la pompe cessa de fonctionner ; le réservoir de la ville au-dessus de Montcherand, n'étant plus alimenté par la source de la Tufière, s'est vidé peu à peu de son contenu. C'est alors que la ville a été privée d'eau samedi, dès 13 heures. Des recherches furent immédiatement entreprises pour connaître la cause de cette défection. Mais pendant huit heures, Orbe a dû se priver du précieux liquide, ce qui n'a pas été sans causer des inconvénients sérieux.



Selon Fal du 1 er octobre 1959
 Orbe Le jaugeage des sources. — (C. p.) —
 Le jaugeage des sources effectué le 23 septembre a donné les résultats suivants : Eaux-Vives, 743 litres-minute ; Tufière, 497 litres-minute ; Boven, 525 litres-minute, soit 1765 litres- minute, ce qui représente par jour un total de 2 541 600 litres. Si l'on compte que les eaux publiques et les pertes correspondent au 20 °/o de la consommation, soit 508 320 1., il resterait à disposition des usagers à domicile, 2 033 280 litres d'eau par jour. Pour une population de 3’500 habitants, cela représente 580 litres par jour par personne. Il semble que cela devrait suffire, et pourtant cela ne suffit pas, du moins pour les quartiers du haut de la ville. 



 Fal du 28.02.1964
Conseil Communal d’Orbe 
STÉRILISATION DE L'EAU POTABLE
M. Edouard Bréchon, municipal, chef de la section des eaux, présente un préavis tendant à remplacer la station de chlorage devenue insuffisante de par les exigences du Service cantonal de l'hygiène, par l'ozone. L'ozone a le même effet bactéricide que le chlore, mais l'ozone agit au surplus sur les virus, agents microbiens sur lesquels le chlore n'a pas d'effet. La ville d'Orbe est alimentée par trois sources dont deux sont issues des gorges de l'Orbe, à hauteur de Montcherand, l'une, la Tuffière, au débit de plus de 3000 litres/minute, de nature vauclusienne. La seconde, celles des Eaux-Vives a un débit de 2500 litres/ minute. Ces deux sources alimentent deux réservoirs de 500 et 1000 mètres cubes. Enfin, une troisième source, celle de Bovan, captée au pied de la colline des Planches-de-Valeyres, qui a de 300 à 600 litres/minute, est réceptionnée dans un réservoir de 300 mètres cubes dont les deux tiers constituent la réserve incendie.
Le projet de cette nouvelle station est d'un montant de 480 000 francs, dont 31 000 francs pour la station de pompage des Eaux-Vives, 130 345 francs pour le bassin de compensation de la Tuffière, 241’ 085 francs pour la station de stérilisation et de commande, 13’544 francs pour les câbles de télécommandes, et 64’016 francs pour travaux imprévus et honoraires. Objet renvoyé à une commission de sept membres. 


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