mardi 26 février 2013

Les Gorges de l'Orbe et ses vipères


Vipères et Vipérus




Les gorges de l’Orbe possèdent une faune fort intéressante.
Celle qui nage dans la rivière et qui intéresse les pêcheurs autant que les hérons.
Mais n’étant pas un grand spécialiste des truites je n’en parlerai guère.
Il y a aussi quelques chevreuils et chamois, castors, blaireaux et renards.


Mais cet article présentera quelques incidents rapportés dans la presse locale et concernant les vipères qui affectionnent les roches de l’endroit.



Ce sera aussi l’occasion d’évoquer aussi la mémoire de William Gerbex, appelé Vipérus et grand chasseur de reptiles dans notre région.









Selon Fal du 17 mars 1903

Orbe. — Vipère-aspic. — M. G. Gaillard veut bien nous écrire d'Orbe les lignes suivantes :
 « Un élève de notre Ecole industrielle communale vient de me remettre un bon spécimen de la vipère-aspic — la seule que nous ayons dans notre pied du Jura — recueillie dans les gorges de l'Orbe. Ce serpent mesure 55 centimètres de longueur. » Celte espèce n'est pas rare dans notre région ; ce qui est plus rare c'est de l'y rencontrer au mois de mars, se chauffant librement au soleil, comme c'était, parait-il, le cas ».

Gazette de Lausanne du 1er octobre 1928 :

« AGIEZ. - Encore des vipères
Deux promeneurs excursionnaient jeudi après midi dans la forêt située au-dessus du village.
Ils suivaient un chemin qui aboutit à la clairière aménagée comme place de fête, lorsque une vipère passa devant eux. Dérangée sans doute dans sa course, elle devint subitement menaçante, dressant sa tête et montrant un dard redoutable. L’un des excursionnistes, zélé collectionneur et d’un sang-froid parfait eut tôt fait de se saisir d’une baguette de coudrier au moyen de laquelle il réussit à s’emparer du dangereux reptile.
Cette vipère de l’espèce gris jaunâtre, assez fréquente dans le Jura aux endroits pierreux, mesurait 30 cm. »


Un an plus tard, le Journal d’Orbe rapporte un fait assez semblable.







Un peu de théorie sur ces charmants reptiles tirée du Journal d’Orbe de 1942 :



Selon Fal du 2 juillet 1942
Montcherand - Attention aux vipères  
— La région des gorges de l'Orbe, avec ses roches surchauffées par le soleil, est un lieu de prédilection pour les vipères. Les nombreux promeneurs oui aiment ces endroits déserts et romantiques, comme aussi les baigneurs qui vont se plonger dans les « marmites » de la rivière, ont pu voir ces derniers jours un nombre inusité de vipères a qui l'ambiance surchauffée avait donné une vitalité peu commune. L'un de ces excursionnistes, qui se promenait sans se soucier de ces reptiles, faillit marcher sur l'un d'eux, lové sur le sentier. Déjà, il dressait en sifflant sa tête menaçante, quand, avec on beau sang-froid, le promeneur réussit d’un coup adroitement donné, à le tuer séance tenante.
Il s'agissait d'une vipère femelle qui allait donner naissance à sept vipereaux.

Et Fal du 12 juillet 1949
MONTCHERAND Attention aux vipères. —
 Un promeneur qui se rendait sur le chemin de la Tufière, en bordure des gorges de l'Orbe, a trouvé sur son passage une vipère qu'il eut tout juste le temps d'éviter. Se saisissant alors baguette, il réussit à tuer le redoutable reptile. On ne saurait assez recommander la prudence aux promeneurs qui se rendent dans ces parages, car la virulence du venin de vipère est d'autant plus grande par ces chaleurs caniculaires.


Selon Fal du 23.06.1952.
Mordue par une vipère (Inf. part.).
Mlle Lotti Hadorn, 20 ans, domiciliée à Orbe chez M. Georges Bloch, se promenait dimanche après-midi dans les gorges de l'Orbe, lorsqu'elle fut mordue à un orteil par une vipère. En grand émoi, elle fut ramenée à Orbe et admise à l'hôpital île celte ville, où on lui fit une injection île sérum. Ce matin, ou ne pouvait encore se prononcer sur son état.




Les exploits de Vipérus

Impossible d’évoquer les vipères de cette région sans rappeler la mémoire de William Gerbex, alias « Vipérus », un personnage haut en couleur, grand chasseur de vipères et qui se promenait dans les cafés de la région avec ces charmants reptiles vivants et conservés dans une bouteille.

Un journaliste l'avait interrogé en 1936.

Selon Fal du 26 juin 1935

  Les passions dangereuses...

La chasse aux vipères Nous avons eu l'occasion, hier, de faire connaissance avec M. William Gerbex, d'Orbe. Mais peut-être ne connaissez-vous pas M. William Gerbex ?

 C'est un chasseur de vipères.

 Il est arrivé avec un sac de montagne sur le dos. Dans ce sac, il y avait une bouteille. Et dans cette bouteille, il y avait une vipère vivante...

 — Je l'ai prise, nous expliqua-t-il, dans les gorges de l'Orbe. Des dents sont à quadruple crochets. C'est un spécimen très rare. C’est alors que M. Gerbex déboucha la bouteille...

— C'est la cent trente-cinquième que je prends cette année...

Le reptile, devinant l'issue, lentement, se déroula. Puis sa tête triangulaire sortit de la bouteille. Un glissement, souple, et la vipère se trouvait sur la table.
— Voulez-vous voir ses dents à venin '?
Et M. Gerbex, saisissant le reptile derrière la nuque, l'éleva à la hauteur de son visage et lui ouvrit la bouche avec une allumette, cependant que l'animal fouettait l'air, désespérément, de sa queue.
— Vous n'en avez pas peur ?
Hasarda quelqu'un.
— Moi ?
Notre chasseur prit alors la vipère, la jeta dans sa casquette et posa celle-ci sur sa tête. C'est certainement une impression que peu de gens ont connue de sentir, dans son chapeau, un reptile qui se glisse entre les cheveux...
— J'ai déjà été mordu une douzaine de fois, remarqua M. Gerbex. Tenez, il y a quelque temps, je vis une vipère dans les pierres. Je m'agenouillai devant elle et lui présentai le goulot de ma bouteille, m'efforçant de faire entrer l'animal dans l'orifice. Soudain, la vipère se mit à siffler ! Il y en a une autre qui n'est pas très loin, me dis-je. Je me retournai, mais ne vis rien. Tout-à- coup, je sentis une douleur aiguë à la cuisse, c'était le mâle qui venait de me mordre !
— Et que faites-vous, lorsque vous venez d'être mordu par une vipère ?
— Je prends mon couteau et... tac ! Je me fais saigner à l'endroit de la morsure. Parfois, j'ai brûlé la place avec ma cigarette. Mais, lorsque c'est à la main, je replie fortement le bras en arrière, afin de couper la circulation. Et je vais à la recherche d'un docteur. Il est vrai que maintenant je suis un peu...
 — Immunisé ? —
Parfaitement. Une morsure, soignée à ma façon, ne me donne guère que des maux de tête tout au plus pendant trois ou quatre jours.
— Comment faites-vous donc pour découvrir les vipères ?
— Elles se tiennent en général à l'abri de la bise, à l'abri du nord ; l’été, lorsque le soleil tape dur, elles vont volontiers se cacher au bord des ruisseaux...
— Et vous les prenez grâce à cette bouteille ?
— Oui. Lorsque je vois une vipère dans les rocailles ou sous un buisson, je glisse mon bâton sous elle et la projette d’un coup un peu plus loin, ou il y a un peu de terre nue. Ensuite, je la fatigue avec mon bâton. Puis j'approche de sa tête le goulot de la bouteille. Le reptile hésite ; enfin, il y met le nez... Je lui pèse alors avec un doigt sur le bout de la queue. Agacée, la vipère cherche à fuir puisqu'elle ne peut se retourner. Et elle entre dans la bouteille ! II n'y a plus qu'à mettre le bouchon... Il y a une canule dans le bouchon, par laquelle l'air entre dans la prison de verre.
— Elles peuvent vivre là-dedans plusieurs mois et sans manger, affirme M. Gerbex. Il suffit de temps en temps de les sortir et de les laver... Et M. Gerbex nous parla de ses grandes chasses :
 — On m'a demandé d'aller à Maloja...
Là-bas, j'en ai pris vingt-neuf en trois jours ! Dans les gorges de l'Orbe, j'en ai eu pris quinze d'un seul dimanche. Voulez-vous voir peut-être le certificat que m'a délivré la préfecture d'Avignon, en France ? En une saison, j'ai attrapé 4600 vipères... Que voulez- vous, j'ai ça dans le sang. La chasse à ces reptiles serait interdite que je la ferais tout de même... Et M. Gerbex, remettant dans son sac de montagne la bouteille, dans laquelle se lovait sa dernière prise, s'en alla vers de nouvelles chasses... M. B.





Voici tiré du site http://www.herpeto.ch/, un peu plus de détails sur M. W. Gerbex

Une vipère, une!"

Deux "coquins" de l'herpétologie romande firent largement parler d'eux à l'époque. C'était dans les années 1950 à 1960. MM. Augustin et Gerbex (le premier fut membre fondateur du GHL) étaient des chasseurs de vipères notoires. Ils sévissaient en particulier dans la région de Saint-Loup, zone réputée pour l'abondance de ses vipères, où; ils connaissaient tous les cailloux. Après une journée de chasse, pendant laquelle ils mettaient leurs captures dans des bouteilles (opération délicate, et méthode révolue), ils s'en allaient au "Philosophe", célèbre bistrot de la place Pépinet à Lausanne où, avec forces sensations, ils exhibaient leurs prises. Après quoi ils vendaient leurs vipères au patron, le Grand Roger, par ailleurs excellent accordéoniste qui faisait le bonheur des clients. Il en faisait sa fameuse et célèbre "vipère", un tord-boyaux violent, mélange de lie et de marc, dans lequel il mettait à macérer une magnifique vipère. Vidée de ses viscères et dûment recousue, elle était du plus bel effet! Pour la petite histoire tout de même, il faut préciser que l'opération était longue, car il fallait pendant des mois renouveler le liquide jusqu'à ce que l'animal ne ";dégage" plus rien et que la boisson devienne comestible ou, tout au moins buvable.
Une sensation de l'époque que tout vrai lausannois qui se respectait devait tenter au moins une fois... à votre santé!!!
Serge Monbaron


Gazette de Lausanne du 31 juillet 1937 :
« Montcherand.
Le fameux Gerbex a été mordu.
M. William Gerbex, l’audacieux chasseur de vipères, qui a capturé des centaines de ces redoutables reptiles, s’adonnait jeudi matin vers 11 h à sa recherche de prédilection aux approches des Gorges de l’Orbe, au-dessus du village de Montcherand.
Il réussit à capturer une vipère en la tenant de la main par l’extrémité, car M. Gerbex qui prend les vipères vivantes au moyen d’une bouteille, avait l’intention de la jeter dans un endroit dénudé pour lui présenter ensuite sa fameuse bouteille dans laquelle elle pénètre quelquefois, non sans difficultés. Mais le reptile fut plus agile et mordit cruellement à la main de M. Gerbex qui se saisit alors de son couteau et se fit une incision. Puis, comme si rien ne s’était passé notre chasseur reprit son dangereux métier et ne quitta la place que lorsque la vipère fut prise selon son procédé classique.
Tout de même pour prévenir un empoisonnement, M. Gerbex se rendit auprès de M. le Docteur Bezençon qui a procédé à l’inoculation d’un sérum antivenimeux ».

Notons aussi que l’année suivante, en novembre 1938, donnant une conférence à une société de pêcheurs à la Brasserie Viennoise M. Gerbex fut aussi mordu par une vipère amenée là pour la conférence.

Mais ayant perdu connaissance, et vu la gravité du cas, il dût cette fois là être transporté à l’hôpital Nestlé






Finalement ce sera un accident de vélomoteur qui sera fatal à William Gerbex qui décède le 29 juin 1960

La Feuille d'avis de Lausanne lui consacre deux articles :

Décès d'un célèbre chasseur de vipères (Cp) —
Le célèbre chasseur de vipères, M. William Gerbex, vient de décéder à l'âge de 64 ans, à la suite d'un accident de vélomoteur qui s'était produit en fin de semaine. Il était très connu dans le canton où il avait donné de nombreuses conférences sur la chasse à la vipère et ses dangers.
I1 avait été 'appelé plusieurs fois à l'étranger pour les capturer.

Fal du 6.7.1960
 Le curieux métier de W. Gerbex (Ip) — M. William Gerbex, dont nous avons brièvement signalé le décès, hier, était un original, un indépendant, un ami de la nature. Il s'était consacré à la chasse aux vipères qu'il forçait à entrer dans une bouteille qui ne quittait pas son sac de montagne. Il arrivait à en capturer une quinzaine en une journée, dans les gorges de l'Orbe. On le fit venir à la Maloja pour nettoyer la montagne de ces hôtes dangereux ; il fut appelé aussi à Avignon, dont la préfecture lui décerna un certificat. Ce métier n'est pas sans risques, et Gerbex fut mordu à plusieurs reprises ; alors il entaillait la plaie et la faisait saigner, ou il brûlait la plaie avec sa cigarette ; il lui arrivait d'aller consulter un médecin et s'en tirait, disait-il, avec quelques jours de maux de tête. Mais un jour, à la mi-novembre 1924, alors qu'il faisait une conférence à la Brasserie Viennoise à Lausanne, Gerbex fut mordu à l'index par un de ses serpents, irrité par la chaleur du local ; il fut transporté sans connaissance à l'hôpital Nestlé, son cœur, mis à rude épreuve par les nombreuses piqûres, ayant accusé une faiblesse subite. On l'en tira, mais ce ne fut pas sans peine. La même mésaventure lui arriva dans un établissement public de Carouge (Genève), en 1937.
M. Gerbex, qui avait le cœur malade, avait fait deux séjours à la maison de repos Cottier-Boys, à Orny ; c'est pendant son second séjour qu'il fut atteint, à fin juin, sur la route, par un vélomoteur.


La nostalgie des élevages de vipères selon Huguette Chausson
Un peu plus loin que les Gorges de l'Orbe, juste sous ses Rapilles, le village de Baulmes aurait eu jadis un curieux élevage


Dans la Fal du 8.01.1946, Huguette Chausson rappelle la chose dans l'article suivant :

Baulmes, ses ruines et ses vipères
 En visitant la région tic Baulmes, on marche de surprise en surprise : station préhistorique, débris de l'époque burgonde, prieuré  de Ste-Marie, Il y a eu des Sires de Baulmes. On a fortifié le passage de Baulmes contre les écorcheurs, pilleurs d'outre-Jura. Il a existé un château de Baulmes, lequel était plutôt « fort » que castel. Il y a même eu une sorcière, une » vaudaise ». Elle se nommait Marguerite Perusset. 
(Note . brûlée vive le 29 septembre 1553 à Yverdon)
Décidément, rien n'y manque ! Les constructions du monastère ont totalement disparu. Il parait pourtant que le patron du village : St-André, habitait un ermitage sur un haut rocher eu surplomb. C'est pourquoi, probablement, l'esplanade dominée par cette roche porte le nom bizarre de. « Mistredame ». Immédiatement au-dessus du village, dans les rochers, on trouve encore des degrés taillés dans le roc. Ils conduisaient sans doute à un lieu de dévotion : ermitage ou monastère. C'est là, dans ce terrain aride, et bien exposé au soleil, que mûrissait autrefois la vipérerie. Le nom a d'ailleurs subsisté. Vers 1750, elle, marchait fort bien, la vipérerie de Baulmes. Les pharmacies y faisaient leurs provisions de reptiles. Et il s'en consommait '. Il fallait les attraper vivantes. Dans les hôpitaux, il y en avait toujours quelques-unes qui grouillaient dans une caisse ou un bocal, en attendant qu'on les utilise. On ne dit pas qui en prenait soin ! 
Fort utile, la vipère. Votre enfant a-t-il des convulsions ? Vite, appliquez-lui sur l'estomac une tête de. vipère. Le fiel, à raison de deux gouttes est un produit sudorifique.
  Le venin combat le choléra, la fièvre jaune, la rage et la lèpre. La peau de la vipère convenablement séchée et pillée, entre dans la composition d'une pommade antirhumatismale. La chair, bouillie soigneusement, produira du bouillon de vipère, de la gelée, du sirop, du vin et de l'huile. Enfin, et c'est là le meilleur, le cœur et le foie de la vipère desséchés et broyés, sont l'un des principaux ingrédients de la précieuse « thériaque » et de l'emplâtre de Vigo. 
La thériaque, ça s'utilise les yeux fermés, messieurs-dames, et en toute circonstance. Elle se compose, de cinquante-sept substances ; car outre l'opium et l'extrait de vipère, il y a aussi les correctifs et les adjuvants. Le remède est aussi bien interne qu'externe. Souverain contre le mal de mer. Infaillible contre les « douleurs » et les refroidissements. Radical en cas de « maux d'entrailles ». Impossible do no pas supporter le produit, puisqu'à chaque substance est joint le correctif qui le neutralise ! Et dire qu'aujourd'hui la vipèrerie de Baulmes est abandonnée. On ne, cultive plus ces précieux animaux. On leur préfère les cobras et autres bêtes étrangères. C'est à a y rien comprendre l Remettons donc les vipères à l'honneur. Réclamons de la « thériaque » dans nos pharmacies. 
Que celui qui possède un bon terrain sec et bien exposé au soleil y attire ces gracieux reptiles. Il y trouvera son compte, une bonne source de revenus. Et puis... des vipères, ça ne se déclare pas !
                                                                                        Huguette Chausson.

Eugène Mottaz dans son Dictionnaire historique du canton de Vaud (1914) signale cette vipèrerie située sur la partie inférieure du bois de Forel, sèche, chaude et rocailleuse.
Dans la Revue historique vaudoise de 1923, il en fait une excellente description depuis sa création en 1713 par le sieur César Gout.
Pour en savoir plus cliquez sur :

La vipérerie de Baulmes

Et en 2014 Vipérus fait des émules vers Macolin

Cliquez :
http://www.20min.ch/ro/news/romandie/story/Il-fait-le-mariole-avec-une-vipere-et-termine-a-l-hosto-16614110

Il fait le mariole avec une vipère et termine à l’hosto

Un élève a été hospitalisé pendant une semaine après avoir joué avec un serpent venimeux.

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La vipère aspic (photo) qui a mordu le jeune Bernois est aussi appelée vipère du Jura.
Une faute?
Une promenade scolaire au pied du Jura, la semaine passée près de Bienne, a mal fini pour un élève de 9e année. En se baladant, il a découvert une vipère aspic. Au lieu de s’en éloigner, il l’a prise dans ses mains pour jouer avec. «Ça s’est passé près de la gare de Macolin. Comme il avait déjà de l’expérience avec des reptiles, il n’a pas fait de mouvements brusques et a laissé la vipère serpenter entre ses doigts», explique le prof de gym de l’élève, Pascal Georg.

Selon lui, l’animal a pris peur et l’a mordu lorsque le jeune a voulu donner la vipère à un camarade de classe. L’ado, dont la main a immé­diatement enflé, a été emmené en urgence à l’hôpital, où il est resté une semaine. «Pendant deux jours, il n’avait plus de voix, raconte Pascal Georg. Il a pu revenir à l’école, mais son bras est toujours immobilisé avec une attelle.»
Selon Christine Rauber-Lüthy, médecin-cheffe du centre d’information toxicologique de Zurich, un serpent est souvent venimeux s’il a des pupilles en fente verticale. Elle rassure néanmoins: aucun mort n’a été recensé en Suisse après une morsure de serpent ces quarante dernières années.

Suisse

18 août 2015 23:15; Act: 18.08.2015 23:18Print

Gare aux vipères en cueillant des champignons

Les températures élevées de cet été ont favorisé la prolifération des serpents venimeux. Randonneurs et cueilleurs ont intérêt à faire gaffe.

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Cette année, la chance de tomber sur une vipère est particulièrement grande. (photo: DR)
Une faute?
Du jamais vu cet été dans une cabane du club alpin dans le Toggenbourg saint-gallois. A 2000 mètres d’altitude, une vipère se prélassait au soleil sur la terrasse du refuge, alors que des randonneurs étaient présents. Le gardien, Hans Egli, n’a pas souvenir d’avoir vu un tel serpent, de 80 centimètres de long, si haut dans la montagne. Outre les vipères, des couleuvres ont été observées dans le coin cet été.
Chien mordu
Dans la région, un chien a été mordu par un serpent venimeux. «J’étais en train de faire les foins tandis que mon chien, Bobby, gambadait dans les herbes. Soudain, il s’est effondré» Confie Yvonne Hostetter, agricultrice. Son Border collie de 10 ans venait de se faire mordre par un serpent. Il titubait comme s’il avait bu et sa patte a enflé. «Je l’ai conduit immédiatement chez le vétérinaire. Mon chien n’arrivait plus à boire. Il souffrait le martyre et je n’arrivais presque plus à le toucher tellement il avait mal.» Le vétérinaire l’a placé sous perfusion et lui a donné un médicament qui l’a sauvé. «Mais il a frôlé la mort» poursuit sa patronne.
Une année exceptionnelle
Roger Aeberhard, herpétologue à Eschlikon (TG), confirme que l’été 2015 aura été propice à la croissance des serpents. Il confie avoir reçu dix fois plus de demandes d’information sur les couleuvres notamment que durant une saison normale. Avec la chaleur, les serpents sont sortis plus tôt et ont réduit leur activité plus tard, se calquant sur l'activité humaine et ont donc été plus souvent rencontrés par les humains.
Bien s'équiper
Le spécialiste des serpents conseille aux promeneurs d’être prudent ces prochaines semaines et de porter des chaussures et des chaussettes. En cas de morsure, il faut consulter au plus vite un médecin. Bien que ces attaques ne soient généralement pas mortelles pour les adultes, une morsure peut avoir des conséquences funestes pour des enfants. Le problème c’est que peu de gens savent s’ils sont allergiques au venin des serpents. Même conseil aux cueilleurs de champignons ou de petits fruits. Dès qu’on sort des sentiers battus, le risque de tomber nez à nez avec un serpent est grand poursuit-il. 
(jeb/jbm)



Les Gorges de l'Orbe et ses dangers


Grands et petits malheurs dans les gorges de l’Orbe
Une revue des journaux nous relatent un certain nombre de faits plus ou moins tragiques

La région est splendide, mais non exempte de dangers.

Malgré de nombreux sentiers tracés sur les deux rives, un faux pas est vite arrivé.
Certaines personnes ont aussi choisi le haut des falaises qui surplombent les gorges pour un suicide et parfois aussi pour un crime.

La chute mortelle d’une jeune Anglaise vers la Grotte aux fées
En 1879, article du 3 juillet, la Gazette de Lausanne publie le récit d’une excursion de l’Ecole normale de Lausanne dans la région de Vallorbe.

En prenant le petit sentier qui les conduira à la Grotte au Fées, le narrateur écrit :
« On quitte la route en pente douce pour descendre un sentier périlleux qui conduit à l’entrée de la grotte, et de là à la source de l’Orbe.
Dans quelques endroits il aborde des précipices affreux. Dans l’un d’eux une jeune Anglaise a trouvé la mort il y a une dizaine d’années.
M. R. qui fait partie de notre course avait assisté au drame désolant. Une simple croix en bois indique la place où la jeune miss est tombée. Nous nous éloignons de ce lieu fort émus. »



Entrée de la Grotte aux fées

Chute mortelle d’un pasteur dans l’Orbe
Gazette de Lausanne du 26 mars 1892

« Quelques renseignements sur la mort de M. le pasteur Buchet.
M. Buchet avait quitté Lausanne d’où il remplissait les fonctions de suffragant à Agiez le mercredi matin 23, et comptait y rentrer le soir même. Étant aller pêcher sur les bords de l’Orbe, le pied lui a manqué et il est tombé en arrière si malheureusement au milieu des rochers qu’il s’est fait à la nuque une grave lésion. Il a immédiatement perdu connaissance. Lorsque les eaux enflées par la fonte des neiges ont atteint et submergé son corps, il était déjà mort.
C’est du moins ainsi que les choses ont dû se passer d’après les constatations du juge de paix d’Orbe et de MM. Les docteurs Moehrlen et Berdez. Deux personnes ont signalé un objet noir qui flottait sur les eaux, on s’est mis aux recherches et le corps a été retrouvé vers 7 heures du soir. L’accident a dû avoir lieu le matin, vers 10 heures.
Le défunt n’avait que 48 ans. Français d’origine, mais naturalisé Vaudois, il avait servi l’Eglise nationale pendant dix-huit années, d’abord comme suffragant à Mézières, puis comme pasteur à Bercher, et en dernier lieu comme suffragant aux Croisettes et à Agiez.
Il avait fait aussi des intérims à Lausanne et à Vevey en remplacement de MM. Les pasteurs Audemars et Dupertuis.
Modeste et dévoué, cœur chaud et sympathique, M. Buchet avait la foi ferme et décidée des huguenots, ses ancêtres. Il laisse à ceux qui l’ont connu le souvenir le meilleur et le plus honorable. Sa mort qui plonge les siens dans un deuil profond, est une perte nouvelle pour l’Eglise, qu’il aurait pu servir longtemps encore. »

Un noyé dans le premier barrage du Day.
Gazette de Lausanne du 8 janvier 1896.
« Vallorbe.
Un individu sorti après minuit d’un cabaret de Vallorbe pour rentrer chez lui, est tombé dans l’Orbe et a été emporté par le courant jusqu’au barrage sur le Day.
Son corps fut retrouvé le lendemain pris dans la grille de la vanne. Ce n’est que le surlendemain qu’il fut possible de retirer le cadavre complètement nu et tout meurtri par un trajet de deux kilomètres dans les gorges profondes où coule la rivière »

Un jeune Allemand fait une chute vers les grottes d’Agiez
Dans la Gazette du 14 août 1910, c’est un jeune Allemand qui a fait un faux pas.

« Dans le précipice.
Un jeune Badois, Siegrist Rosengarten, 17 ans, fils unique, en pension à Orbe était allé avec deux camarades, faire une promenade aux Grottes d’Agiez et à la Tuffière, qui domine les gorges profondes au fond desquelles coule l’Orbe.
A un moment donné, on ne sait comment, il tomba d’une hauteur de vingt-cinq mètres dans les rochers au fond de la gorge. Ses compagnons coururent chercher du secours à Agiez, à une heure de à. On vint avec des cordes ; il fallut, au prix de mille peines, après s’être attaché, descendre dans la gorge, près du lit de l’Orbe grossie par les pluies, attacher le jeune Allemand encore en vie, le remonter, puis remonter son sauveur.
Rosengarten a reçu les soins de M. le Dr. Zbinden. Il est très grièvement blessé : côtes brisées, nez fracturé, arcade sourcilière broyée et des liaisons internes.
Il n’a que peu de chances de survivre à ses blessures. »

Mais le journal de la semaine suivante ne nous dit rien des suites de cet accident.


Dangereux, même pour les chevaux !
Selon Fal du 5 septembre 1921

 ORBE. — Accident. — 
Lundi 29 août, aux gorges de l'Orbe, dit le Journal Yverdon, un char attelé d'un cheval, appartenant à M. Testori, charriant des matériaux pour les travaux de canalisation de la source de Montcherand, a dégringolé les gorges sur une longueur de 20 mètres. Le cheval, sérieusement blessé, a été retiré après plusieurs heures d'efforts et a dû être abattu.

Noyade
Selon Fal du 9 juin.1924
ORBE. — Découverte d'un corps. —
Ou nous écrit:» C'est au cours de recherches longues et périlleuses, organisées pour In quatrième fois par les familles parentes qui étaient secondées fortement par M. Grobct, pêcheur, connaissant à fond ces dangereux parages et du gendarme Rochat, de Ballaigues, dont le dévouement à tout deux est au-dessus de tout éloge, que le corps de Mme .J. M., a été. trouvé dans les gorges de l'Orbe, à un endroit inaccessible aux promeneurs.


Deux demoiselles font une chute, mais elles auront de la chance

Gazette de Lausanne du 16 avril 1926
« Une chute dans les gorges de l’Orbe
Mardi 13 avril, après-midi, au cours d’une promenade dans les gorges de l’Orbe, à l’endroit dit »Creux de l’Ouche », la jeune demoiselle L. s’étant aventurée trop près de l’eau, glissa tomba dans une des nombreuses et profondes marmites que l’Orbe a creusée à cet endroit.
Elle put se raccrocher aux saillies du rocher jusqu’à ce que M. S. qui se trouvait dans la compagnie des promeneurs accourut à ses cris et la sauva de sa très dangereuse position. »

La même année, le 22 juillet 1926 on peut lire :

« Agiez.
Dimanche après-midi, aux Gorges de l’Orbe, à l’endroit dit « Aux Eaux-Vives », quelques jeunes filles d’Agiez se promenaient au bord du courant, quand l’une d’elles, une jeune Pétermann, glissa dans l’eau qui l’entraîna vers un endroit d’eau profonde.
Par bonheur, deux jeunes gens, son frère et le jeune Georges Bron, accourus, réussirent à la sauver. »



Heureusement qu’il savait nager !

Gazette de Lausanne du 7 février 1929
Une chute dramatique dans l’Orbe.
« Orbe, le 6 février 1929.
Un jeune Suisse-Allemand, Alfred Leuzinger, fils de M. le colonel Leuzinger, de St.-Gall, en séjour pour un an chez M. Reymond instituteur à Bofflens et Charles-André Reymond, 15 ans, tous deux élèves du collège d’Orbe eurent l’idée mercredi après-midi, après leurs classes de faire un détour par les Gorges de l’Orbe, de l’Usine électrique de Montcherand jusqu’à Agiez, pour renter à Bofflens.
Un sentier d’un accès dangereux en hiver côtoie la rivière droite de l’Orbe, dominées par des rochers en surplomb. Ils s’engagèrent sur le chemin verglacé et glissant.
Parvenus tous deux en face de la grotte de Montcherand, le jeune Leuzinger trébucha, perdit l’équilibre et dévala sur la pente extrêmement raide jusqu’à une plateforme en saillie.
Malheureusement par l’élan acquis, l’infortuné ne put se cramponner à la roche recouverte d’une couche de glace et tomba à pic d’une hauteur de plusieurs mètres dans une tine de la rivière.
Sans perdre son sang-froid, il se débarrassa de son manteau et nagea en aval jusqu’à un endroit où son camarade, au prix de mille difficultés parvint à le retirer de sa fâcheuse situation.
Il le conduisit, claquant des dents au domicile de M. Baudat, chef électricien à Montcherand, qui réconforta la victime, en attendant l’arrivée de Dr. Ch. Bezençon.
Le jeune Leuzinger a des blessures aux coudes et aux genoux. Il n’est pas encore possible de se prononcer sur la gravité de son état qui est sérieux. »

Mais rassurez-vous le journal du 8 février nous apprend que ce jeune homme s’est bien remis de sa chute grâce à son sang-froid et à son endurance

Des petits équilibristes d’Orbe
Le Journal d’Orbe du 11 septembre 1929 relate un accident moins grave :

« Agiez. Un enfant à l’eau
Un groupe d’enfants d’Orbe s’amusaient dimanche à se tenir en équilibre sur la balustrade du pont du Ruz d’Agiez, à sa réunion avec l’Orbe, à proximité de l’usine électrique de Montcherand. Tout alla bien durant un moment, les imprudents enfants allaient et venaient sans encombre sur le garde fou. Mais tout à coup l’un d’eux perdit l’équilibre et tomba dans le ruisseau heureusement peu profond. Gros effroi de tout ce petit monde. Puis l’enfant est retiré et s’en tire avec des contusions bénignes. Puisse la leçon être salutaire pour lui et pour les autres ».



Une promenade hivernale qui finit fort mal
Gazette de Lausanne du 20 février 1933
« Une jeune fille se noie dans les gorges de l’Orbe
Agiez le 19 février.
En compagnie de Mlles Marguerite et Jeanne Baudraz et de Mlle Viviane Cavat, Mlle Hildegard Bertchen, 22 ans, en service chez M. Fernand Curtch, instituteur, s’était rendue dimanche après-midi dans les gorges de l’Orbe pour voir la magnifique dentelle de glaçons suspendus aux rochers. Un sentier court à flanc de roche et côtoie l’abîme.
En temps ordinaire, il n’est pas dangereux, aménagé qu’il a été par la Société de développement d’Orbe et environs qui a eu soin de placer des barrières de protection ou des fils de fer comme appui le long de la roche.
Elles étaient parvenues sans encombre jusqu’au sentier qui est en face de la chute provenant du canal de dérivation de Montcherand.
Malheureusement la glace recouvrait l’étroit chemin.
Mlle Bertschen glissa sur l’étroit chemin verglacé perdit pied et glissa sur la très forte rampe qui aboutit à l’abîme. Là elle eut encore l’idée de s’agripper à une pointe de rocher et d’appeler au secours. Ses camarades épouvantées coururent en aval. Monsieur Marcel Grobet, cantonnier à Montcherand pêchait dans la rivière. Il accourut, Malheureusement il était déjà trop tard. La malheureuse jeune fille avait dû lâcher prise et tomba lourdement dans le lit profond de l’Orbe. Pourtant elle chercha à atteindre un endroit plus favorable quelques 50 mètres plus bas. Elle nagea, mais ses forces la trahirent, comme aussi l’onde glacée.
La gendarmerie du poste d’Orbe fut avisée : le sergent Sordet nantit la justice de paix du cercle d’Orbe ; M. le juge Béguelin accompagné de son greffier s’empressa sur les lieux de l’accident.
Il fallut quérir cordes et gaffes à l’usine électrique de Montcherand pour tirer l’infortunée de sa triste situation.
Au prix de difficultés inouïes, vu le terrain verglacé et abrupt, une équipe de secours a pu s’approcher du bord de la rivière et, au moyen d’une corde nouée à un rocher, un homme s’est glissé jusqu’à l’Orbe et a réussi à ramener l’infortunée jeune fille au bord. De là, il fallut la hisser jusqu’au sentier d’accès pour la transporter ensuite à l’Usine de Montcherand
Voilà une seconde fois qu’un pareil accident, et à ce même endroit se produit en hiver dans les gorges de l’Orbe.
On ne saurait assez recommander à la jeunesse-parfois imprudente- de les éviter absolument à l’époque des frimas. »

Les risques de l’escalade vers la grotte d’Agiez

Entrée d'une des grottes d'Agiez


Selon Fal du 2 mars 1936

Grave accident dans les gorges de l'Orbe
Les Clées, 2 mars. (Corr. part,) —
 Il y a quelques jours, un jeune domestique de campagne, M. Louis Besson, en service aux Clées, a été victime d'un grave accident sur les suites duquel on ne peut encore se prononcer. Avec deux autres personnes, L. Besson était occupé au façonnage du bois abattu dans les gorges escarpées de l'Orbe, en amont de l'usine électrique, au bord même de la rivière. Tout à leur travail, les trois hommes ne prirent pas garde à une pierre — de 3 kg. environ — qui se détacha des taillis supérieurs et se mit à rouler dans leur direction, augmentant rapidement sa vitesse en raison même de la pente. Atteint à la tête par ce projectile, le malchanceux domestique s’abattit ; il aurait été entrainé dans la rivière sans la prompte intervention de ses compagnons. Transporté au domicile de son patron, il y recul les soins empressés du Dr Ch. Bczençon, médecin à Orbe, mandé immédiatement. Conduit à l'infirmerie, vu le sérieux de la blessure, il y fut radiographié- Cet examen confirma In fracture du crâne diagnostiquée par le praticien.  Le blessé a néanmoins conservé toute sa connaissance et son état s'est sensiblement amélioré.



Journal d’Orbe du 16 septembre 1936

« Agiez – Grave chute dans les gorges de l’Orbe
Le pensionnat Pierrefleur d’Orbe faisait une excursion dans les gorges de L’Orbe. Le groupe des jeunes filles parvint à la grotte d’Agiez qu’elles explorèrent. A ce moment, l’une d elle, Mlle E. d’origine allemande, eut l’idée d’escalader l’entablement de rochers qui surplombe la grotte. Malheureusement, elle fit un geste à faux qui lui fit perdre l’équilibre : c’était la chute d’une hauteur de six mètres sur le sol. Mlle E. fut relevée dans un piteux état et transportée immédiatement à l’Infirmerie d’Orbe par les soins de M. le Dr Charles Bezençon qui décela une grave fracture de l’avant-bras, une distorsion douloureuse du genou, des contusions au visage, et à la bouche dans un état tel que de nombreuses dents ont été brisées.
Le médecin s’employa habilement à réduire la fracture et à lui donner tous les soins désirables. »


Les gorges de l’Orbe sont appréciées par les pêcheurs, mais l’accès de certains endroits poissonneux est très dangereux.

Gazette de Lausanne du 8 septembre 1947
« Un Lausannois se noie dans les gorges de l’Orbe.
Un Lausannois, M. Charles Kohler, qui pêchait dimanche à 15 h. dans les gorges de l’Orbe a fait une chute d’une dizaine de mètres dans la rivière et s’est noyé.
M. Marcel Béguelin, juge de paix à Orbe, a ordonné la levée du corps qui a été ramené sur la rive au prix de grosses difficultés.
Le Dr Bezençon n’a pu hélas que constater le décès. »



Quant à l’accident suivant, il relève plus de la technique que des dangers naturels.

Gazette de Lausanne du 24 novembre 1952
« Usine des Clées
Grave accident dû à une ligne de 16'000 volts
Un monteur électricien d’Yverdon, M. Désiré Fasstnacht, 38 ans, travaillant à l’usine électrique des Clées est entré en contact avec la ligne sous tension de 16'000 volts vendredi matin. Il a été jeté à terre et sa tête heurta un objet anguleux. Relevé avec une fracture du crâne, une fracture de la clavicule et des brûlures au second degré. Il a été transporté à l’hôpital d’Orbe »

De nouveau un pêcheur qui se noie.

Selon Fal du 26.06.1953
Le corps du malheureux pêcheur Petermann est retrouvé dans l'Orbe
Les recherches Interrompues tard dans la nuit de mercredi à jeudi pour tenter de retrouver le malheureux Adrien Petermann, qui s'était rendu dès mercredi après-midi dans les gorges de l'Orbe pour se livrer à la pratique de la pêche, furent reprises jeudi matin de bonne heure par la gendarmerie d'Orbe avec une équipe de citoyens d'Agiez. Après de longues heures de recherches patientes, rendues plus difficiles du fait de l'eau trouble de la rivière, qui empêchait de discerner le fond du lit, ils réussirent enfin à 14 h. 20, à découvrir le corps de l'infortuné qui gisait immergé dans l'eau profonde, à une centaine de mètres en amont de l'usine électrique de Montcherand. Au prix de grosses difficultés, le corps fut ramené à bord. La mort devait remonter a quelques heures. M. le Dr Maurice Ehinger, de Chavornay, mandé immédiatement, ne put que se borner aux constatations légales.
Que s'était-il passé ?
Sur le rebord escarpé de la rivière, détrempé et rendu glissant par les averses récentes, le malheureux pécheur tout occupé à sa besogne, avait soudain perdu pied sur la glaise humide et dangereusement glissante et était tombé dans les flots tumultueux où il n'avait pas tardé de couler à pic. Avec toutes les précautions possibles, la famille qui avait vécu pendant ce temps dans de grandes angoisses, fut avisée par les soins de M. le pasteur Pierre Coigny, qui avait lui-même collaboré aux recherches. La nouvelle de la mort tragique de M. Adrien Petermann, âgé de 42 ans, a jeté la consternation dans le paisible village d'Agiez où le défunt était avantageusement connu.
Le personnel de l'Usine électrique de .Montcherand l'estimait en raison de la conscience avec laquelle il s'acquittait de son travail et de l'agrément de son caractère.
A quelque temps de là, déjà, la famille avait été douloureusement affectée par le décès prématuré d'un fils âgé de 17 ans. La sympathie profonde, de tous va en cette circonstance trafique à Mme Petermann et à ses deux enfants en bas âge.


Accident de voiture en remontant des Gorges
Gazette de Lausanne du 11 février 1956
« Dramatique accident près de l’Isle
Deux ouvriers d’une entreprise de la région, qui avaient passé la journée à déblayer le lit d’un ruisseau au fond des gorges de l’Orbe, non loin de l’Isle, commune de Ballaigues, rentraient jeudi soir en jeep par l’étroit sentier qui relie le fond de la vallée à la route Ballaigues-Orbe.
A un tournant, à cause du verglas ou des amas de neige soufflée, le véhicule quitta le chemin et se mit à dévaler la côte très raide à cet endroit.
Il resta littéralement suspendu à un arbre par le volant !
Les deux occupants se dégagèrent à grand peine. L’un d’eux s’en tire sans grand mal, mais on craint que son camarade n’ait la boîte crânienne enfoncée et des côtes cassées. Le blessé eut tout de même la force de remonter à pied jusqu’à ce qu’il rencontre des gens accourus à son secours.
Il fut ensuite conduit à l’hôpital d’Yverdon. Le véhicule très aimé, n’a pu encore être retiré de sa périlleuse situation. »

Vous aurez compris qu’il s’agit du lieu-dit l’Isle juste en dessous de Ballaigues et non du village de l’Isle sur la route du Mollendruz.

Gazette du 22 mars 1956
« Orbe - Glissade tragique
Monsieur Emile Addor, 75 ans, retraité Nestlé, grand amateur d’excursions dans les bois n’étant pas rentré mardi soir à son domicile, sa famille s’inquiéta.
Des recherches furent alors entreprises par la gendarmerie d’Orbe, de concert avec la police locale.
Celles-ci aboutirent mercredi matin à la découverte de l’infortuné dans l’Orbe, à 200 mètres en amont de l’usine électrique du Chalet, à l’entrée de gorges de l’Orbe.
On suppose que le promeneur aura glissé sur le sentier abrupt à cet endroit là et sera tombé dans les eaux profondes de l’Orbe.
Le médecin mandé, M. le Dr .Bezençon n’a pu hélas que constater le décès qui remontait à quelques heures. »


La Fal du 22.03.1956 donne un peu plus de détails sur cet accident :
M Addor a fait une chute de 30 mètres dans les gorges de l'Orbe (Corr. part.) —
M. Emile Addor, 75 ans, retraité Nestlé, dont nous avons annoncé la mort accidentelle, était parti de bonne heure de son domicile mardi après-midi, comme i1 a souvent l'habitude de le faire, pour aller excursionner dans les bois, étant demeuré ingambe et vigoureux. Il avait annoncé qu'il irait dans les gorges de l'Orbe. Un sentier y accède sur la rive droite et, aux endroits où il côtoie directement le précipice, une balustrade en fer a été scellée dans le rocher pour protéger les promeneurs, Malheureusement, à cause du temps froid qui a régné jusqu'ici, le sentier qui zigzague par montées et descentes le long de la pente abrupte était recouvert d'un ourlet de glace glissante et dangereuse. Le promeneur s'y engagea néanmoins à hauteur de l'usine électrique de Montcherand, et il dut faire ainsi plus d'un kilomètre en amont. Parvenu à un endroit où le sentier grimpe et demeure recouvert d'une carapace de glace, l'excursionniste glissa, perdit pied et fit une chute de 30 mètres dans le gouffre.
La mort ne dut pas être instantanée, car les premières constatations ne décèlent aucune fracture. Le choc fut en effet atténué par la chute du corps sur un banc de sable limoneux ; le vieillard tenta vraisemblablement de se tirer de ce mauvais pas, mais en vain, et il mourut d'épuisement. Dès la découverte du cadavre, la tâche des sauveteurs fut ardue. La levée du corps, ordonnée par la Justice de paix du cercle d'Orbe, se heurta aux complications de ce lieu quai inaccessible.
Finalement, M. Palmyre Bourgeois, descendu hardiment au fond du précipice, prit la victime sur ses épaules, et lui- même fut hissé jusqu'au sentier des gorges au moyen d'un cordage de fortune dressé par les sauveteurs. Fuis le corps fut ramené par les soins des Pompes funèbres Bourgeois à la morgue de l'hôpital d'Orbe aux fins d'autopsie. Cet accident tragique a suscité un légitime émoi à Orbe, où la population vouait une affectueuse considération au disparu. Nous réitérons à la famille cruellement affligée par ce coup du sort, et plus particulièrement à la veuve, l'expression de notre sympathie.

Navigation dangereuse

Gazette de Lausanne du 2 mai 1966
« Vallorbe : un canot chavire.
Quatre Yverdonnois, habitués du bateau avaient projeté samedi après-midi de faire une excursion en canot pneumatique depuis l’entrée de Gorges de l’Orbe à hauteur du hameau du Day au dessous de Vallorbe.
Deux d’entre eux prirent place dans la nacelle, cependant que les deux autres faisaient office de vigie en logeant le sentier des gorges.
A hauteur de l’usine électrique de Clées la rivière resserrée entre les rochers fait de dangereux ressacs. C’est à cet endroit, que le canot balancé comme une coquille de noix chavira.
Et tandis que Charly Perrenoud parvenait à s’y cramponner et à gagner finalement la rive en aval Raymond Collet était projeté par-dessus bord et entraîné par les flots tumultueux de la rivière et devait disparaître dans les bas fond.
L’alarme donnée à la gendarmerie, les recherches furent aussitôt opérée par un homme grenouille, mais devait être interrompue le samedi soir à cause de la nuit. Elles furent reprises le dimanche et l’infortuné put être ramené à la surface à 16 h. et ramené à son domicile. »


Gazette de Lausanne 18 mai 1992
« Montcherand - Cycliste en difficulté
Un cycliste lausannois, M. Jean-Daniel Desponds, a effectué une chute d’une vingtaine de mètres dans un endroit escarpé des gorges de l’Orbe, samedi à la mi-journée.
Souffrant de douleurs dorsales et de contusions multiples, il a été treuillé par un hélicoptère de la REGA et transporté au CHUV. »


Au printemps 2009, plusieurs bûcherons blessés lors du dégagement des bois cassés par la neige de l’hiver 2008-2009 dans le fond des gorges

Et plus récemment :

24 H du 26.10.2010 Accidents de scouts
Le samedi 16 octobre 2010 , un moniteur et une jeune fille d'un groupe scout d'Yverdon dévissent d'une paroi et font une lourde chute dans l'Orbe près de Montcherand
Ils faisaient de l'escalade.
Souffrant de polytraumatismes, ils seront conduits à l'hôpital par hélicoptère.

Le 16 juin 2017

Un homme fait une chute fatale dans les gorges

Un sexagénaire a été retrouvé sans vie, vendredi (16/06/2017), au lieu-dit Pré Camuz, sur le territoire de la commune des Clées.

                
Le corps d'un randonneur a été retrouvé vendredi après-midi dans les gorges de l'Orbe (VD). Deux personnes l'ont découvert sur un chemin de terre longeant la rivière, au lieu-dit Pré Camuz, sur la commune des Clées.
Elles ont appelé les secours, qui n'ont pu que constater le décès de ce Suisse domicilié dans le canton des Grisons, a annoncé samedi la police cantonale vaudoise dans un communiqué. Le sexagénaire aurait chuté depuis un chemin situé une trentaine de mètres au-dessus du lieu de la sinistre découverte. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes de l'accident.


Quelques crimes et suicides

En 1929, un jeune homme de la région de Vallorbe est accusé d’avoir tué sa fiancée et jeté son cadavre dans l’Orbe
Gazette de Lausanne du 6 janvier 1929 et 27 août 1929
Evénements vaudois 1900-1945 p. 226

Un crime à Vallorbe
Le 2 janvier 1929, à 22h 45, se présentait au poste de police de Vallorbe, Emile R. fermier au Day, lequel, le visage ensanglanté, portant une blessure sur le nez déclarait qu’accompagnant son ex-fiancée à son domicile vers 20h30, il avait été assailli par deux individus masqués qui l’avaient frappé brutalement sans lui adresser la parole et l’avait laissé sur place où il était resté évanoui jusque vers 22 h.
Quant à son ex-fiancée, Louise G., il ne savait pas ce qu’elle était devenue.
Mais deux jours plus tard, le cadavre de la jeune fille est retiré de l’Orbe au barrage des Usines métallurgiques à la Puaz.
Finalement, après un interrogatoire serré, Emile R. admet avoir assommé, puis étranglé son ex-fiancée.
Après son forfait il a jeté son corps dans la rivière.
Reconnu coupable en août, il sera condamné par le Tribunal criminel du district d’Orbe à 16 ans de réclusion et à la privation de ses droits civiques


Journal d’Orbe du 11 novembre 1948
« Agiez – Troublante disparition
Une nouvelle alarmante parvenait dimanche, vers la fin de l’après midi à la gendarmerie d’Orbe. Des promeneurs, avaient découvert sur la passerelle du Puisoir, une poussette abandonnée et vide.
Des recherches furent immédiatement entreprises. Elles ne furent pas faciles. On apprit bientôt néanmoins que la propriétaire de la poussette était une jeune femme d’une trentaine d’année, Mme Berthe E. domiciliée à Agiez, qui avait disparu dimanche après-midi du domicile conjugal avec son bébé de sept mois, le petit Michel.
Au moment où nous écrivons ces lignes, aucun nouveau fait n’était enregistré concernant cette disparition et pourtant tout a été tenté pour découvrir les traces de Mme E. et de son bébé.
Il semble que l’on ne puisse plus espérer les retrouver vivants. En effet, la malheureuse a quitté le village en déclarant, comme elle passait devant le café du Barrage qu’on ne la reverrait plus. »

Le journaliste avait raison de s’inquiéter,
Le journal du 23 février 1948 annonce que deux détenus des EPO qui se rendaient au travail ont découvert dans l’Orbe le cadavre du petit Michel.
Beaucoup plus tard, soit le 13 mars, on retrouve le corps de Mme E.
C’est un employé du train O-C qui, au moment où le convoi franchissait le pont sur l’Orbe, en amont des Moulins Rod aperçut la tête d’une femme immergée dans la rivière.
Quant aux registres paroissiaux, ils nous apprennent que le petit Michel fut enterré le 26 février 1948 et sa mère le 14 mars à Agiez.



Pont du chemin de fer Orbe –Chavornay au-dessus de l’Orbe


Le drame des Gorges de l’Orbe de 1946

Difficile d’ignorer ce tragique évènement, qui dans la Gazette de Lausanne du 4 janvier 1946 débute par ce titre :

Le drame d’Orbe – Une chute mystérieuse.

Cet article explique comment Mme S, domiciliée à Orbe et qui se promenait avec son mari mercredi après midi vers la grotte de Montcherand avait fait soudainement une chute dans la rivière.
Le corps ne sera retrouvé que le lendemain, dans une « marmite » de la rivière.



Grotte de Montcherand

Crime, accident, suicide, toutes ces thèses seront évoquées lors du procès de F.S le mari, qui aura lieu en juillet 1946 et dont nous donnons le compte rendu du Journal d’Orbe du 6 juillet 1946.